Syndrome de l’imposteur : 15 astuces pour des managers et des employés plus assurés

Portrait du contributeur – Julia MartinsJulia Martins11 août 202114 min de lecture
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Syndrome de l’imposteur : 15 astuces pour des managers et des employés plus assurés

Résumé

Que vous ayez vous-même dû faire face au syndrome de l’imposteur ou que vous cherchiez à en protéger votre équipe, nous avons des solutions pour vous aider. Dans cet article, nous vous expliquerons par quoi il se manifeste et comment le combattre, à la fois sur le plan personnel, mais aussi en tant que manager. Vous lirez également les témoignages des employés d’Asana qui ont eu à le surmonter et leurs astuces pour y parvenir.

Quoi de pire que d’avoir la désagréable sensation d’avoir usurpé son poste ? Pourtant, le syndrome de l’imposteur est une réalité. Vous avez déjà eu l’impression de ne pas mériter votre travail ou de ne pas être à votre place ? Nous aussi !

Le syndrome de l’imposteur, qu’est-ce que c’est ?

Ce syndrome nous pousse à douter de nous et de nos capacités professionnelles, tout simplement. Vous pourriez donc avoir l’impression de ne pas mériter ce poste et d’être un imposteur. Le plus souvent, il nous fait croire que nous mentons à nos collègues quant à nos capacités à bien faire notre travail.

Mais les symptômes ne s’arrêtent pas là :

  • Vous avez la sensation de ne devoir votre évolution professionnelle qu’à un simple coup de chance, et non à vos compétences et aptitudes.

  • Vous fondez votre estime de soi sur la perception que vous avez de vos propres aptitudes.

  • Vous pensez devoir faire preuve de perfectionnisme pour produire un travail satisfaisant.

  • Vous sacrifiez votre propre bien-être pour travailler davantage.

  • Vous vous sentez à part ou vous ressentez le besoin de vous isoler pour que personne ne découvre votre « secret ».

  • Votre santé mentale a souffert d’une surcharge de travail et d’un burnout.

  • Le plus souvent sans raison valable, vous avez l’impression que vous risquez « d’être découvert » à tout moment et que l’on finira par apprendre que vous n’êtes pas aussi compétent que vous en avez l’air.

Si vous vous retrouvez dans l’une ou plusieurs de ces affirmations, sachez déjà que vous n’êtes pas un cas isolé. En effet, d’après nos recherches, près des deux tiers (62 %) des travailleurs de la connaissance aux quatre coins du monde indiquent avoir déjà été victimes du syndrome de l’imposteur.

En outre, ce syndrome peut toucher tout type de personne sans distinction et n’est pas réservé aux nouveaux venus dans l’entreprise. Étonnamment, les employés qui occupent des postes à responsabilités sont davantage susceptibles d’en souffrir que les autres.

Les caractéristiques du syndrome de l’imposteur

Chacun vit ce syndrome différemment, mais en voici quelques caractéristiques courantes :

  • Le doute de soi

  • L’incapacité à évaluer ses aptitudes et compétences de façon réaliste

  • La propension à attribuer sa réussite à des facteurs externes, par exemple à la chance

  • La peur de ne pas être à la hauteur

  • La tendance à saborder nos propres chances de réussite

  • Le sentiment de décalage avec les autres membres de l’équipe

  • Le perfectionnisme

  • La surcharge de travail et le surmenage

  • Le fait d’être exagérément exigeant envers soi-même

  • Le manque d’estime de soi

  • La peur intense face à l’échec

  • La perte de confiance en soi

[À lire] Sentiment de surmenage : des stratégies pour aider les équipes à retrouver leur équilibre

À l’origine du syndrome de l’imposteur

Il a été fait mention pour la première fois du syndrome de l’imposteur (ou phénomène de l’imposteur, comme on le désignait à l’origine) dans le livre The Impostor Phenomenon in High-Achieving Women: Dynamics and Therapeutic Intervention (Le phénomène de l’imposteur chez les femmes hautement performantes : dynamique et intervention thérapeutique), dont les auteurs sont les docteurs Pauline R. Clance et Suzanne A. Imes. À l’occasion de la rédaction de cet ouvrage publié en 1978, 150 femmes hautement qualifiées dans leur domaine et officiellement reconnues pour leur excellence professionnelle ont été interviewées. Étrangement, bon nombre d’entre elles estimaient devoir leur succès à la chance ou minimisaient leurs accomplissements.

Toutefois, ce phénomène ne se limite ni aux femmes ni aux années 1970 : il reste bien vivace de nos jours et se rencontre chez toutes les personnes performantes et les professionnels.

En 1985, le Dr Pauline Rose Clance a approfondi ses recherches sur le syndrome de l’imposteur et créé son premier outil d’évaluation ou Clance impostor phenomenon scale (CIP), l’échelle de Clance du phénomène de l’imposteur. Celle-ci mesure le syndrome de l’imposteur selon six variables :

  1. Le cycle de l’imposteur

  2. Le besoin ressenti d’être hors du commun ou simplement le meilleur

  3. Les caractéristiques d’un homme ou une femme au-dessus du commun des mortels

  4. La peur de l’échec

  5. Le déni face à ses aptitudes ou le refus des éloges

  6. Le sentiment de peur ou de culpabilité face à sa réussite

Quelques mots sur le cycle de l’imposteur

Ce terme décrit la nature circulaire des pensées liées à ce syndrome. Tout commence au moment de l’attribution d’une tâche. La personne concernée est alors saisie d’anxiété et doute de ses capacités, ce qui a tendance à la pousser soit à la procrastination, soit au perfectionnisme.

Syndrome de l’imposteur et pandémie

La situation sans précédent que nous avons vécue en 2020 a renforcé la prévalence de ce syndrome. Ainsi, 47 % des travailleurs de la connaissance dans le monde ont déclaré avoir davantage ressenti ses effets en 2020. Mais si vous faites partie d’une équipe décentralisée ou que vous exercez en télétravail, il n’y a rien d’anormal à vous sentir isolé des autres.

Les occasions de créer du lien et de célébrer nos réussites se faisant plus rares, le travail à distance intensifie le syndrome de l’imposteur. C’est pourquoi les entreprises doivent s’assurer que le travail de chacun est constamment reconnu et salué au quotidien, y compris dans les environnements de travail à distance, et que les nouvelles recrues disposent du soutien nécessaire pour prendre confiance en elles.

Tous dans le même bateau !

Ce type de syndrome est difficile à vivre et nous avons du mal à en parler autour de nous. En tant que manager, vous avez à cœur de soutenir votre équipe, mais vous rencontrerez sûrement des difficultés à l’identifier et encore davantage à y remédier.

Quelle que soit la situation ou ce que vous ressentez, sachez que nous sommes nombreux à être dans le même cas. Si vous vous fiez aux statistiques, dites-vous bien que 62 % des employés dans le monde ont été victimes du syndrome de l’imposteur. Et si tel n’est pas le cas, vous serez peut-être plus sensible aux témoignages d’autres personnes concernées. Nous avons donc demandé à des membres de l’équipe Asana de nous raconter comment ils ont vécu ce syndrome, et voici ce qu’ils nous ont répondu :

« Le syndrome de l’imposteur est bien plus répandu qu’on ne le croit, à tous les niveaux de l’entreprise. Je dirais même qu’il nous touche davantage à mesure que nous gravissons les échelons et que nous endossons des responsabilités. C’est bien pour cette raison qu’il est nécessaire d’élaborer des stratégies pour en parler et pour trouver des solutions si nécessaire. » – Andrew

« Je sais bien qu’au fond de vous, il y a toujours cette petite voix pour vous dire le contraire, mais croyez-moi : le plus important n’est pas la destination, mais le voyage. » – Rishika

« Avant de devenir des experts dans leur domaine, toutes les personnes que vous admirez sont passées par une période d’ignorance. Vous seriez surpris de voir à quel point les gens sont bienveillants et enclins à répondre à vos questions. » – John

« Le syndrome de l’imposteur se fait particulièrement ressentir en l’absence d’interactions avec les autres dans la vie réelle, mais n’oubliez pas que si vous occupez ce poste, c’est parce que votre équipe croit en vous. » – Un membre de l’équipe Asana

« C’est la somme de vos expériences personnelles et professionnelles qui rendent votre point de vue unique et donc précieux ! Même si vous êtes nerveux à l’idée de partager votre opinion, n’oubliez pas que c’est ce qui nous aide tous à avancer. » – Erica

« Autorisez-vous à adopter une mentalité axée sur le développement personnel. Vous devez avant tout garder à l’esprit que ce manque de connaissances n’est que temporaire et que ce n’est pas la fin du monde. Vous avez encore le temps d’apprendre. » – Leah

« Mieux vaut éviter de se comparer aux autres. Tout le monde a un parcours différent, et vous n’avez sans doute aucune idée de ce à quoi ont pu ressembler leurs débuts. Cherchez plutôt à apprendre des gens qui sont plus expérimentés que vous pour vous sentir à la hauteur. » – Robert

« Toute évolution de carrière est difficile et peut donner le vertige. Le simple fait d’avoir à sortir de sa zone de confort pour relever de nouveaux défis peut nous faire douter de nous-mêmes. Mais vous n’êtes pas seul ! Parlez-en à un collègue de confiance ou à un manager pour obtenir tous les conseils, l’aide ou l’assentiment dont vous avez besoin pour prendre confiance en vous, et n’oubliez pas que nous sommes parfois nos pires critiques. » – Un membre de l’équipe Asana

« J’ai mis des années avant de me rendre compte que tout le monde avait ses petits doutes et insécurités, même les dirigeants de longue date les plus chevronnés. C’est parfaitement normal d’avoir l’impression de ne pas être sûr de soi, et nous sommes nombreux dans ce cas ! Discutez-en ouvertement avec votre manager et demandez-lui de vous préparer des situations qui vous permettront de vous convaincre que vous êtes à votre place dans l’équipe ! » – Jessica

« Il n’y a pas longtemps, j’ai entendu une citation qui m’a interpellé : nous comparons la version de nous-mêmes que nous condamnons en notre for intérieur avec la version des autres que ceux-ci veulent bien nous montrer. » – Dave

« Il n’y a aucun mal à ne pas savoir qui l’on est vraiment ni à ne pas être en mesure de donner le meilleur de soi-même. La vie est une découverte. L’important, c’est de s’accorder la possibilité d’apprendre et d’évoluer, et de ne pas avoir l’impression d’imiter les autres. » – Rose

[À lire] Moral de l’équipe : quelles répercussions sur les performances ?

9 astuces pour échapper au syndrome de l’imposteur

Vous êtes en prise avec le syndrome de l’imposteur ? Pas de panique, vous avez de nombreuses options pour vous en sortir ! Avant toute chose, rappelez-vous que vous n’êtes pas un cas isolé, donc pas la seule personne à avoir ce genre de pensées. Tous ceux qui ont à cœur de réussir peuvent un jour avoir l’impression de ne pas être à la hauteur, et au fil du temps, cet état d’esprit peut se muer en syndrome de l’imposteur.

Heureusement, avec du temps et des efforts, vous pourrez surmonter cette épreuve. Voici quelques pistes pour vous aider :

1. Les faits, rien que les faits

Lorsque nous sommes touchés par le syndrome de l’imposteur, nous avons l’impression de ne pas être de bons professionnels. Or, ces pensées sont bien souvent ancrées dans nos peurs et non dans la réalité. La meilleure façon pour combattre ce syndrome consiste donc à faire la différence entre ces idées qui vous assaillent et le concret.

Le Conscious Leadership Group parle de « confronter les faits aux témoignages ». Les faits sont des vérités observables, que l’on pourrait filmer à l’aide d’une caméra, par exemple ; quant aux témoignages, ils correspondent à votre interprétation personnelle des faits.

Vous aurez certes bien des difficultés à empêcher votre cerveau de se faire des films, mais vous pouvez toujours vous raccrocher à la réalité. La prochaine fois que vous vous trouverez dans une situation vous mettant face à ce type de pensées, comparez-les aux faits. Par exemple, si vous ressassez votre dernière intervention en réunion, repensez plutôt à ce qu’ont dit vos collègues.

Luttez contre le syndrome de l’imposteur en lui opposant des éléments tangibles. Prenez régulièrement le temps de vous replonger dans vos pensées et d’examiner les faits. Vous pourrez ainsi identifier les étapes concrètes à suivre pour lâcher prise sur ce sur quoi vous n’avez aucun contrôle.

2. Identifiez le problème, vérifiez et passez à autre chose

Ce n’est pas parce que nous interprétons un événement d’une certaine manière sans que cela soit factuel que nos sentiments ont moins d’importance. Il ne s’agit pas ici d’ignorer nos émotions, mais de reconnaître nos mauvaises pensées et de comprendre qu’elles n’ont rien d’anormal, puis de nous en débarrasser si elles sont en décalage avec la réalité.

J’ai un fonctionnement très simple : j’identifie le problème, je vérifie et je passe à autre chose. Pour reprendre le contrôle sur nos sentiments et vérifier leur véracité, toute l’astuce consiste à repérer les caractéristiques du syndrome de l’imposteur, mettre des mots sur le problème et reconnaître qu’il existe. Je cherche ensuite à savoir si j’ai trouvé une vraie piste d’amélioration ou si c’est un bête manque de confiance en moi, ce qui m’aide généralement à me convaincre du caractère subjectif de mes pensées, sans pour autant les nier. Quand j’en ai terminé avec ma réflexion, je passe à autre chose. Je n’occulte pas mes sentiments, mais je fais le choix d’aller de l’avant pour la suite de la journée et d’accomplir mes objectifs en les prenant en compte.

3. Communiquez vos états de pensée

Ce syndrome a également l’inconvénient de renforcer le sentiment d’isolement. Toutefois, comme nous l’avons indiqué auparavant, il s’agit d’un phénomène courant dans le monde du travail. Près des deux tiers (62 %) des travailleurs de la connaissance dans le monde ont déjà été confrontés au syndrome de l’imposteur. Alors la prochaine fois que vous aurez des idées noires, n’hésitez pas à en parler à quelqu’un !

Communiquer sur le mal qui vous ronge a deux avantages :

  1. Au lieu de garder vos émotions pour vous, vous pouvez y faire face et cesser de vous en faire. Si vous gardez vos pensées secrètes, le syndrome de l’imposteur ne prendra que plus d’ampleur et deviendra de plus en plus difficile à gérer. Le fait de partager ces émotions avec d’autres vous aide à reconnaître que vous souffrez de ce syndrome et à le surmonter.

  2. Vous pourriez rencontrer des collègues ayant été atteints du même mal. Malheureusement, ce syndrome est chose commune dans le monde du travail, et votre confident pourrait bien lui aussi en avoir été victime. Le point positif, c’est que vous vous sentirez moins seul dans cette situation.

En arrivant à Asana, je suis passée d’une équipe de 50 à plus de 1 000 personnes. J’étais convaincue que ce serait trop pour moi, mais tous mes doutes, mes craintes et mes faux-semblants se sont envolés lorsque j’en ai discuté avec mon équipe. Mes collègues ont fait tout leur possible pour m’apporter leur soutien, m’ont raconté leurs propres expériences, remonté le moral et encouragée.

4. Cherchez des preuves

Si après avoir pris conscience de vos pensées et les avoir exprimées vous n’avez toujours pas la solution, essayez de trouver des preuves pour les réprimer. Le syndrome de l’imposteur n’étant généralement fondé sur aucun élément concret, il vous suffira de vous focaliser sur les faits purs et durs pour lutter contre cet état d’esprit délétère.

Vous avez l’impression de ne jamais terminer votre travail à temps ? Jetez un œil à vos derniers projets et à votre travail pour voir si cette hypothèse est fondée. Si c’est bien le cas, vous aurez identifié une piste d’amélioration. Dans le cas contraire, opposez systématiquement ces faits à la petite voix qui se fait entendre dans votre tête pour vous critiquer.

Vous n’avez pas de moyen simple de réexaminer votre travail ? Essayez de faire appel à un outil de gestion du travail comme Asana. Ce type d’outil vous aide à organiser vos activités, à revenir sur vos précédents projets et à jeter les bases de la réussite pour les prochaines initiatives.

Lorsque le doute m’envahit, j’essaie de trouver des preuves de ma singularité, mon talent et mon degré de compétence. Si nécessaire, je m’appuie sur mes expériences passées ou sur les avis des autres. Lorsque j’ai l’impression que l’on pense de moi que je ne suis pas suffisamment qualifié ou compétent, j’oppose des preuves concrètes à ces pensées. Si la critique est fondée, je réfléchis aux solutions envisageables pour améliorer la situation.

5. Recadrez vos pensées

Nos pensées recèlent un pouvoir incommensurable. Notre approche du monde a la capacité de façonner notre réalité, en bien comme en mal.

Si vous avez souvent tendance à vous dénigrer, demandez-vous à quoi ressemblent vos monologues et essayez de revoir la façon dont vous vous parlez. Cette technique semblera ne pas avoir d’effet dans l’immédiat, mais au fil du temps, elle vous aidera à approcher différentes situations sous un angle plus positif.

Par exemple, la prochaine fois que vous commettrez une erreur, plutôt que de vous désoler de la situation, dites-vous que vous pourrez faire mieux la prochaine fois. En recadrant votre langage en votre for intérieur, vous reprogrammez votre cerveau de façon à ce qu’il vous soit davantage bienveillant.

Revoir mon langage m’a été d’une grande aide. Au lieu de faire appel à des phrases passives classiques, du type « J’ai aidé à », « J’ai apporté mon soutien à » ou « J’ai coordonné », par exemple, j’utilise désormais un langage plus ferme et assuré : « J’ai dirigé », « J’ai collaboré avec », « Je me suis associée à »…

6. Trouvez-vous un mentor

Pour lutter contre le syndrome de l’imposteur, efforcez-vous d’améliorer activement vos compétences spécialisées et complémentaires. Ainsi, à chaque fois que la petite voix viendra vous chuchoter que vous n’avez pas le niveau dans tel ou tel domaine, vous pourrez lui répondre que vous faites le nécessaire pour y remédier.

Et pour y parvenir, il existe une très bonne astuce : le mentor. Dans votre entreprise ou votre domaine de spécialité, recherchez une personne capable de vous donner des conseils pratiques et de vous accompagner (un responsable expérimenté que vous admirez exerçant dans votre propre structure ou dans une autre entreprise, par exemple).

Adressez-vous à un confrère respecté dans son domaine et faites en sorte de pouvoir tirer des enseignements de votre collaboration. Si vous lui faites confiance, parlez-lui de ce que vous ressentez par rapport au syndrome de l’imposteur. Lorsque j’en ai discuté avec mon mentor, il a été surpris de l’apprendre, ce qui m’a beaucoup rassuré quant à mes capacités.
[À lire] Compétences spécialisées vs complémentaires : les exemples de 14 membres de l’équipe Asana

7. Apprenez auprès de vos collègues

Autre symptôme courant de ce syndrome : le fait de se comparer à ses pairs et d’avoir l’impression de moins bien travailler qu’eux. Si nous avons effectivement tous tendance à nous comparer aux autres, vous avez plusieurs solutions pour revoir votre façon de penser.

La prochaine fois que vous serez tenté de vous comparer à vos collègues, prenez du recul et profitez de leur expertise pour évoluer. C’est un fait, certains membres de votre équipe vous surpasseront dans un ou plusieurs domaines. Toutefois, cela ne vous rend pas moins compétent : c’est l’occasion pour vous de prendre exemple sur eux pour apprendre. De votre côté, vous aussi pouvez partager certains talents et compétences auprès de vos homologues pour les aider à progresser dans leur carrière.

Plutôt que de me dénigrer, je préfère prendre en exemple les réalisations des autres, que je garde dans un coin de ma tête. J’essaie de voir leur travail comme un outil pour m’améliorer, et non comme une référence à laquelle me comparer. Parfois, tout ce qui manque à un travail de haute qualité, c’est simplement d’avoir le bon schéma. Et la plupart du temps, nos collègues se sont eux aussi inspirés des autres !

8. Anticipez le syndrome de l’imposteur pour en réduire les effets

Au fil du temps, vous identifierez peut-être certains déclencheurs de ce syndrome. Dans ce cas, préparez-vous à cette situation à l’avance pour lutter contre ses effets.

Par exemple, imaginons que chez vous, le syndrome de l’imposteur se manifeste fréquemment au moment de remplir votre auto-évaluation lors du cycle de performance de votre équipe. Si un tel niveau de réflexion vous met mal à l’aise, essayez de tenir une liste de tout ce que vous accomplissez au fil du trimestre ou de l’année sur votre logiciel de collaboration. Vous aurez ainsi déjà rédigé votre auto-évaluation sans même avoir à vous en préoccuper lorsque viendra le temps d’évaluer vos performances.

Le secret, c’est de reconnaître l’existence de nos peurs, sans les laisser prendre le dessus. Je suis anxieuse à l’idée d’intervenir en réunion, j’en ai bien conscience. Mais quand je décide de ne rien dire, je me demande pour quelle raison : est-ce parce que je n’ai rien à ajouter ou parce que j’ai peur du ridicule ? Dans le second cas, j’accepte ma peur et j’agis en conséquence au lieu d’attendre le jour où je pourrai la surmonter.

9. Chantez vos propres louanges

Parfois, le meilleur moyen de combattre le syndrome de l’imposteur consiste à y faire face. La prochaine fois que vous aurez l’impression d’avoir bien travaillé, faites-le savoir ! Si vous vous sentez en confiance, partagez votre réussite avec votre équipe. Mais si c’est un peu trop pour vous pour le moment, tournez-vous plutôt vers une personne extérieure, par exemple un ami ou un proche.

Et ce conseil n’est pas seulement valable lorsque vous produisez de bons résultats ! Autre astuce bien utile : vous pouvez dresser la liste de vos qualités et compétences, qu’elles soient spécifiques à votre poste (comme le fait d’être un excellent vendeur) ou plus générales (si vous êtes toujours là pour aider vos collègues, par exemple). Gardez cette liste dans un coin, à laquelle vous ajouterez différents commentaires reçus de votre manager et vos collègues au fil du temps, et relisez-la chaque fois que vous avez une baisse de régime.

J’ai ma petite collection de commentaires divers et variés en provenance de mon équipe, qui vont des petits messages sur Slack aux évaluations de performance plus approfondies. Les jours où ça ne va pas, j’y jette un œil pour me rappeler que ce n’est qu’un mauvais moment à passer au beau milieu d’une belle, voire très belle carrière. Et dans les bons jours, j’aime aussi la relire pour revenir sur les retours sincères ayant fait de moi qui je suis au fil du temps.

Spécial managers : lutter contre le syndrome de l’imposteur en six étapes

Vous gérez une équipe, vous aimeriez soutenir vos collègues et leur éviter au maximum de subir le syndrome de l’imposteur ? Dans ce cas, sachez que l’intégration des nouveaux employés joue un rôle prépondérant dans leur capacité à s’épanouir dès leur arrivée. En outre, vous pouvez mettre en place différentes techniques pour aider votre équipe, et ce à tout moment. Voyons voir lesquelles.

[À lire] Le petit guide du manager : la lutte contre le burnout

1. Clarifiez les attentes dès le début

Non seulement vous pouvez lutter contre le syndrome de l’imposteur dès le premier jour, mais ceci est même fortement recommandé. Pour aiguiller vos subordonnés, éclairez-les quant à vos attentes, aux indicateurs de réussite et aux points de contrôle sur le chemin.

Le premier jour, commencez par vous entretenir avec votre nouvelle recrue de façon à clarifier les attentes à 30, 60 et 90 jours après son arrivée. Il s’agira de définir les objectifs à court terme à atteindre au cours de la phase d’intégration, pendant qu’elle a encore beaucoup à apprendre sur l’entreprise. Une fois votre collègue mieux intégré, accordez-vous sur des indicateurs clés de performance (ICP/KPI) à plus long terme. Ici, il faudra fixer des objectifs mesurables, ancrés dans le temps. Si nécessaire, appuyez-vous sur une méthodologie de définition des objectifs, par exemple la méthode SMART.

Mon manager a reconnu la validité de mes sentiments, m’a rappelé mes qualités et m’a aidé à trouver des solutions concrètes pour poursuivre différentes pistes d’amélioration.
[À lire] Des objectifs SMART mieux formulés : conseils et exemples

2. Permettez à vos collègues de créer du lien immédiatement

Outre le fait de jeter les bases de leur future réussite dès le premier jour, vous devez veiller à ce que les nouveaux membres de l’équipe aient la possibilité de tisser des liens avec les autres.

Dans cette optique, le mieux reste encore d’attribuer un mentor à votre nouveau collègue. Cette personne devra appartenir à une équipe adjacente, pour qu’il puisse s’adresser à un autre interlocuteur que son manager.

Assurez-vous également que les nouvelles recrues ont connaissance de l’existence des différentes communautés présentes dans votre entreprise. Grâce à des outils comme les groupes-ressources d’employés (ERG) ou même des communautés Slack très actives regroupant des collègues partageant les mêmes idées, elles auront davantage de facilité à trouver des gens avec qui elles s’entendront bien. Vous pouvez aussi les mettre en relation avec des collègues avec qui elles partagent des points communs : par exemple, un groupe dédié aux parents pour les employés ayant des enfants ; ou si elles ont un chien, un groupe dédié aux propriétaires de canidés.

3. Clarifiez les normes de communication

Le fait de ne pas savoir à qui s’adresser ou poser des questions peut être intimidant pour vos nouvelles recrues, en particulier lorsque leur intégration a été organisée à distance. Sans explications précises quant aux normes de communication en vigueur dans l’entreprise ou dans leur équipe, elles pourraient avoir du mal à surmonter la barrière initiale à la communication.

Ce problème n’est pas des plus aisés à repérer pour un manager, lui-même bien au fait des normes de communication applicables dans son équipe. Vous devrez donc vous réunir avec vos collègues dès le début pour répondre à toutes leurs questions. Quelques exemples de sujets à aborder :

  • Quel outil utiliser dans quelle situation

  • À qui s’adresser pour obtenir des réponses à ses questions

  • Les conventions d’équipe à respecter, par exemple au sujet des questions en réunion

Vous devriez aussi disposer d’un plan de communication pour clarifier toute zone d’ombre et faire tomber les barrières à la communication.

Il y a un certain temps, mon manager m’a conseillé de communiquer le contenu concerné aux parties prenantes avant chaque grande réunion. C’est une bonne astuce pour avoir déjà des retours ou des questions à débattre dès le départ, au lieu de me retrouver « sous les feux de la rampe » ou d’hésiter sur la marche à suivre en pleine réunion.
[À lire] 12 astuces pour communiquer plus efficacement au travail

4. Prenez régulièrement des nouvelles de vos collègues

Le syndrome de l’imposteur ne se fait pas seulement ressentir dans les premiers temps qui suivent l’arrivée d’une recrue. Ces mesures pourront vous aider à le tuer dans l’œuf, mais vous devrez aussi prendre des nouvelles de votre collègue à intervalle régulier par la suite.

Lors de vos entretiens individuels, vous pouvez prévoir une activité de type « rose/thorn/bud » ou « feu rouge » pour faire le point sur les réussites, échecs et opportunités avec votre collègue. En lui donnant l’opportunité d’exprimer ce qu’il ressent et en faisant de même en retour, vous pourrez engager la discussion au sujet de vos émotions.

Les six premiers mois, je me suis mis une pression monstrueuse. Ma manager m’a aidé à me rendre compte que j’étais le seul à avoir de telles exigences, et à trouver comment relâcher la pression. Elle m’a aussi fait beaucoup de retours positifs, qui m’ont permis de constater à quel point j’avais progressé.

5. Faites des retours rapidement et fréquemment

Vous vous demandez si un collègue ne souffrirait pas du syndrome de l’imposteur, mais vous hésitez à lui en parler de peur de confirmer ses craintes ? Rappelez-vous que tant que votre feedback est positif et constructif, il ne pourra qu’aider vos collaborateurs à savoir où ils en sont.

Le plus souvent, le syndrome de l’imposteur n’a rien à voir avec la situation réelle dans laquelle se trouve le membre d’équipe en question. Le fait d’intégrer un feedback régulier à vos interactions aidera votre collaborateur à savoir à quoi s’en tenir.

Mon manager m’aide beaucoup à progresser en me faisant des petits retours en temps réel, en général sur Slack. La plupart du temps, il résume les points positifs en une phrase, et les pistes d’amélioration en une à deux phrases. Ce feedback régulier m’évite de me faire des idées sur la situation, puisque grâce aux commentaires de mon manager, j’ai des éléments concrets sur lesquels m’appuyer.
[À lire] Exprimer et accepter les critiques constructives

6. Accompagnez vos collègues dans leur évolution de carrière

Certains membres d’équipe peuvent aussi avoir l’impression de ne pas être assez bons dans leur travail, auquel cas, votre rôle en tant que manager sera de vous enquérir de leurs intérêts et de les soutenir dans leur développement professionnel.

Par exemple, si un collaborateur s’intéresse à des activités de manager, proposez-lui d’endosser le rôle de mentor auprès d’une nouvelle recrue ou de prendre en charge le projet du stagiaire de cet été. Montrez à votre collègue que vous avez foi en ses capacités et impliquez-vous dans son évolution de carrière pour lui prouver qu’il est à la hauteur.

Mes anciens managers m’ont demandé d’animer des séances de formation dans mon domaine d’expertise. Lorsque je me suis entendu expliquer le sujet à d’autres, j’ai non seulement réalisé toute ma valeur et ma légitimité, mais aussi que j’étais déjà suffisamment compétent pour aider mes pairs.

Le syndrome de l’imposteur ? Jamais entendu parler !

Le syndrome de l’imposteur nous isole autant qu’il nous submerge, mais n’oubliez surtout pas que vous n’êtes pas seul. Si vous avez l’impression qu’un collègue en est victime ou si c’est votre cas, aidez-vous des 15 stratégies ci-dessus pour remédier à la situation.

Pour découvrir comment écouter activement et attentivement, consultez notre article consacré à la pratique de l’écoute active.

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