Faire des erreurs au travail : le cauchemar de nombreux employés

Portrait du contributeur – Caeleigh MacNeilCaeleigh MacNeil15 juillet 20229 min de lecture
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Résumé

L’erreur est humaine. Elle reste néanmoins source d’anxiété et de contrariété. Découvrez comment réagir et aller de l’avant afin d’éviter que la peur de l’échec ne vous empêche de prendre les risques et de relever les défis de demain !

Que celui qui n’a jamais fait de faux pas vous jette la première pierre. Il arrive à tout le monde de se tromper et ces erreurs nous aident à avancer depuis notre plus jeune âge. Qu’il s’agisse d’apprendre à marcher ou d’évoluer en milieu scolaire, professionnel et au gré de nos relations personnelles, commettre des erreurs nous permet d’aller de l’avant.

Comme bien souvent lorsqu’on fait des erreurs, c’est la façon dont vous vous en relèverez qui fera la différence.

Commettre des erreurs au travail

Se tromper fait partie de la vie, mais n’en reste pas moins fortement désagréable. Dans le cadre professionnel, les erreurs sont davantage redoutées puisqu’elles se répercutent directement sur notre emploi, dont dépendent généralement notre confort et notre survie (subvenir à nos besoins et à ceux de notre famille). Les enjeux sont considérables et font de la moindre petite erreur une véritable source d’inquiétude.

Toujours tout réussir à la perfection est impossible. Vous finirez forcément par commettre des erreurs à un moment donné, mais bonne nouvelle : ce n’est pas grave ! Celles-ci sont d’ailleurs généralement bien moins dramatiques qu’elles n’en ont l’air. Tant que vous les reconnaissez et que vous vous efforcez de les corriger au mieux (et non de les dissimuler), elles vous permettront de progresser et d’enrichir votre expérience.

Soyez donc rassuré, le ciel ne vous tombera pas sur la tête parce que vous avez commis une erreur. Au contraire, cette dernière constituera plutôt une nouvelle occasion d’apprendre, d’évoluer et de vous améliorer. La véritable erreur consisterait à essayer de dissimuler vos maladresses au lieu d’en parler à quelqu’un et d’assumer honnêtement vos actes.

Quand le perfectionnisme devient l’ennemi de la productivité

À essayer de toujours viser la perfection, vous avez généralement du mal à avancer. Pourquoi ? Parce que vous revérifiez sans cesse votre travail, déléguez le moins possible vos tâches et remettez votre labeur à plus tard lorsque vous craigniez de faire des erreurs. En outre, certaines études révèlent que faire preuve d’un perfectionnisme poussé à l’extrême est mauvais pour votre santé mentale, vous exposant ainsi davantage aux risques de burnout, d’insatisfaction professionnelle et de dépression.

Être perfectionniste, ou gérer quelqu’un qui l’est, n’est pas de tout repos. Sachez que vous pouvez en combattre les effets négatifs en acceptant les erreurs et en parlant ouvertement de la manière d’en sortir grandi. Ce comportement fait écho au concept de sécurité psychologique, c’est-à-dire la conviction selon laquelle un environnement de travail ne présente pas de risques interpersonnels et permet donc d’exprimer librement ses réflexions, ses inquiétudes ou encore de parler de ses erreurs, entre autres exemples.

Faire preuve d’une grande exigence, sans pour autant rechercher à tout prix la perfection, est par ailleurs possible. À bien y réfléchir, ce n’est pas d’employés parfaits dont vous avez besoin, mais bien de processus d’équipe solides vous permettant d’obtenir les meilleurs résultats qui soient. Les rédactions des journaux se composent bien de rédacteurs et de correcteurs, non ? En effet, personne ne s’attend jamais à ce qu’un premier jet soit parfait. Un processus a donc été mis en place afin de fournir un retour d’information, apporter des améliorations si nécessaire et finaliser le produit.

Nos conseils pour réagir efficacement en cas d’erreur

Oups, on dirait bien qu’une erreur s’est glissée dans votre travail… Pas de panique. Voici quelques conseils pour bien analyser la situation, prendre les mesures qui s’imposent et aller de l’avant :

1. Respirez profondément

Il est normal de se sentir frustré, anxieux et peut-être même parfois embarrassé à la suite d’une erreur. Mais si ces émotions sont légitimes, elles peuvent cependant vous empêcher de prendre les bonnes décisions. Commencer par gérer vos sentiments est donc indispensable si vous souhaitez réussir à aborder la situation avec sang-froid.

Prenez quelques minutes pour laisser libre cours à vos émotions. Respirez profondément, faites une pause dans votre travail, sortez prendre l’air ou appelez un ami en qui vous avez confiance. Vos sentiments négatifs finiront par s’estomper et vous serez alors davantage en mesure de faire face à la situation.

2. Parlez-en à quelqu’un

Vous avez raté votre coup ? N’attendez pas et faites-en part à quelqu’un avant que la situation n’empire. Nos erreurs sont généralement moins graves que nous le pensons, et essayer de dissimuler les choses joue rarement en notre faveur. Prévenez votre responsable ou l’un des collègues en qui vous avez confiance, et ce, même si vous n’avez pas encore trouvé de solution pour arranger les choses. Ensemble, vous parviendrez peut-être à trouver un moyen de limiter la casse.

Il n’est pas facile d’assumer ses erreurs, mais les psychologues s’accordent à dire qu’il est essentiel d’apprendre à admettre ses fautes pour entretenir des relations saines et s’épanouir (personnellement ou professionnellement) à long terme. Reconnaître ses torts ne fera pas de vous une personne faible, mais démontrera bien au contraire que vous avez suffisamment de force pour faire preuve de vulnérabilité et d’objectivité face à vos actes. Par ailleurs, cela aura pour conséquence de renforcer le sentiment de confiance qui vous lie à votre équipe. En effet, cette dernière saura qu’elle peut compter sur vous pour faire les bons choix à l’avenir, même si cela revient à admettre que vous vous êtes trompé.

3. Reconnaissez vos torts

Après avoir pris du recul sur la situation et en avoir parlé à quelqu’un, vous devrez généralement reconnaître les faits et vous excuser. Cela ne signifiera pas que vous vous êtes trompé sur toute la ligne ou encore que vous êtes mauvais dans ce que vous faites, mais simplement que certains éléments ont mal tourné et que vous avez bien compris la leçon.

Toutefois, inutile d’en faire trop. Évitez de trouver des excuses, de vous justifier ou de vous dénigrer. Jouez plutôt la carte de la franchise et de la politesse, par exemple : « Bonjour (collègue), je me suis trompé sur ce point et je tente actuellement d’arranger les choses comme je peux. Je tiens à m’excuser pour les désagréments que cela a pu vous causer. »

4. Réfléchissez à des solutions et apprenez de vos erreurs

Trouver le moyen de rebondir et de corriger vos erreurs est essentiel. Si elles sont rattrapables, établissez un plan d’action pour remédier à la situation. Vous avez malencontreusement oublié de convier une partie prenante à la réunion de lancement de votre projet ? Envoyez-lui vos notes de réunion ! Elle sera alors en mesure de commenter a posteriori les actions à traiter et les décisions prises lors de cette rencontre.

Les erreurs ne peuvent cependant pas toujours être corrigées. Rassurez-vous, rien de dramatique à cela non plus. En fin de compte, l’important reste d’en tirer des leçons et d’élaborer un plan d’action pour éviter de les répéter à l’avenir. Pour reprendre l’exemple ci-dessus, vous pourriez décider de réaliser une analyse des parties prenantes au début de chaque projet afin de vous assurer de n’oublier personne au moment d’organiser votre réunion.

5. Prenez soin de vous

Une chose est sûre, commettre des erreurs pèse sur le plan émotionnel. Il est donc important de prendre soin de vous et de gérer vos sentiments négatifs le plus sainement possible. Tenez-vous-en à votre routine habituelle plutôt que de faire des heures supplémentaires, et évitez de vous replier sur vous-même à cause de l’anxiété, de la gêne ou de la frustration. Prenez un peu de temps pour vous chaque jour, en laissant de côté votre travail et en vous concentrant sur votre vie personnelle. Sortez faire un tour, cuisinez un repas sain, passez du temps avec vos amis ou votre famille. Toutes ces actions vous aideront probablement à vous détacher de votre erreur et à réaliser que votre vie ne tourne pas seulement autour de votre travail.

[À lire] Anxiété liée au travail : 10 conseils pour surmonter vos inquiétudes professionnelles

6. Prenez de la hauteur

Vous avez du mal à passer à autre chose ? Cela arrive, sachez d’ailleurs que vous n’êtes pas le seul à vous faire des cheveux blancs. Votre erreur n’est sûrement pas aussi grave que vous le pensez, et le fait de prendre du recul peut parfois vous aider à vous débarrasser de cette anxiété résiduelle.

Lorsque l’on fait des erreurs, nous avons généralement tendance à nous laisser piéger par notre esprit, c’est-à-dire céder à des schémas de pensée négatifs qui nous empêchent de prendre du recul et de voir la situation telle qu’elle est vraiment. Si votre erreur vous angoisse, jetez un coup d’œil à cette liste pour identifier les pièges dans lesquels mieux vaut ne pas tomber.

Les pensées « noir ou blanc » (« tout ou rien ») : voir les choses comme étant 100 % positives ou au contraire 100 % négatives.

  • Exemple : j’ai commis une grosse erreur et il m’est impossible d’assurer une certaine prestation. Mon projet est désormais totalement fichu.

  • Solution : recherchez les nuances de gris. Les situations sont rarement bonnes ou mauvaises à 100 %. Essayez d’en tirer au moins un élément positif.

La surgénéralisation : penser qu’une erreur est liée à un enchaînement inéluctable de défaites.

  • Exemple : j’ai encore manqué une échéance. Je ne serai jamais capable de terminer mes projets à temps et plus personne ne m’accordera sa confiance.

  • Solution : rappelez-vous vos réussites passées ou repensez à des événements positifs. De quelles réalisations pouvez-vous être fier ?

La lecture des pensées d’autrui : supposer que les autres vous jugeront de manière négative à cause de votre erreur.

  • Exemple : j’étais assez nerveux lors de ma présentation et je n’ai pas arrêté de buter sur les mots. Tout le monde doit désormais penser que je suis incompétent ou que je manque de professionnalisme.

  • Solution : c’est un fait, vous n’êtes pas le centre de l’univers. Croyez-nous, les personnes autour de vous ont autre chose à faire que de rester assis à réfléchir à tous vos défauts. D’autres membres de votre équipe ont déjà commis des erreurs, non ? Le monde s’était-il arrêté de tourner pour autant ?

Le raisonnement émotionnel : partir du principe que si vous pensez que quelque chose est vrai, c’est que ça l’est.

  • Exemple : j’ai oublié de prendre mes notes alors que j’avais une réunion avec un client et cela m’a complètement déstabilisé. Je n’obtiendrai jamais ma promotion tant espérée et je n’arriverai jamais assumer le poids du regard des autres au travail demain.

  • Solution : prenez du recul. Combien de fois le pire scénario possible s’est-il produit dans le passé ? Si l’on considère que 0 correspond à un ongle cassé et 100 à un holocauste nucléaire, quelle note donneriez-vous à la situation à laquelle vous êtes confronté à présent ? Vous souviendrez-vous de cette erreur dans une semaine, un mois ou un an ?

La dramatisation : imaginer le pire des scénarios et penser que vous serez incapable d’y faire face.

  • Exemple : je viens de rater un entretien d’embauche et ma recherche d’emploi s’éternise. Je ne trouverai jamais de nouveau poste et une fois mes économies épuisées, je ne pourrai plus payer le loyer de mon appartement.

  • Solution : pensez à toutes les ressources dont vous disposez, qu’il s’agisse de personnes, de lieux ou d’objets. Quelle est la première chose que vous feriez si le pire venait à se produire ? Et ensuite ?

La personnalisation : blâmer une personne (par exemple vous-même) pour une situation qui a plusieurs causes.

  • Exemple : mon initiative a échoué parce que je suis mauvais en gestion de projet. J’aurais dû mieux gérer les parties prenantes et veiller à ce que les tâches soient accomplies à temps.

  • Solution : n’oubliez pas que personne n’est parfait. Tentez de trouver des solutions plutôt que passer votre temps à tourner en boucle sur les éléments n’ayant pas fonctionné.

Votre subordonné vient de commettre une erreur ? Nos conseils pour réagir efficacement

En tant que manager, la façon dont vous réagissez lorsque les membres de votre équipe se trompent est cruciale. Elle caractérise votre culture d’équipe et permet à vos employés de se sentir psychologiquement en sécurité, c’est-à-dire suffisamment à l’aise pour oser prendre des risques et surmonter leur peur de l’échec.

Votre subordonné vient de commettre une erreur ? Suivez ces quelques conseils :

  • Ne l’accablez pas : lorsqu’une personne reconnaît s’être trompée, évitez de la blâmer davantage et d’appuyer là où ça fait mal. Remerciez-la plutôt d’être venue vous voir et concentrez-vous sur les faits. Épaulez votre collègue et aidez-le à identifier les actions à mettre en œuvre pour arranger la situation. Il en va de même lorsque l’erreur est immédiatement reconnue : faites preuve de compassion et concentrez-vous sur le problème plutôt que sur la personne responsable.

  • Soyez curieux : au lieu de faire des suppositions sur ce qui s’est passé, posez des questions pour comprendre le point de vue du membre de votre équipe. Pratiquez l’écoute active pour assimiler ce qu’il dit et lui témoigner votre attention. Vous pourrez ainsi mieux analyser l’ensemble de la situation et obtenir les informations dont vous avez besoin pour aider votre collègue à arranger les choses.

  • Communiquez en personne ou en visioconférence : lorsqu’un membre de votre équipe commet une erreur, il est important de montrer visuellement que vous n’êtes pas contrarié ou en colère. À l’écrit, certains propos peuvent être déformés. Il est donc préférable d’en discuter en face à face, plutôt que sur Slack ou par e-mail, pour éviter tout malentendu.

  • Laissez les membres de votre équipe tenter de résoudre le problème par eux-mêmes : les erreurs créent naturellement des occasions de déléguer. Il est normal de laisser ses collègues commettre de petites erreurs qu’ils corrigeront ensuite tout seuls, et ce, même si vous les aviez vues venir à l’avance. Au lieu d’intervenir et de les corriger directement, laissez à vos employés le temps de les comprendre. En plus d’en tirer des leçons, ils acquerront par la même occasion les compétences en matière de résolution de problèmes et la confiance en soi dont ils auront besoin pour résoudre leurs propres erreurs à l’avenir. Par ailleurs, vous leur témoignerez votre confiance et leur montrerez qu’un faux pas ne les rend pas moins compétents.

  • Transformez l’erreur commise en moyen d’apprentissage : après lui avoir donné l’occasion de résoudre lui-même le problème en question, transmettez votre feedback à votre collègue pour l’aider à tirer des leçons de la situation et lui éviter de répéter la même erreur à l’avenir. Si vous vous sentez suffisamment à l’aise, il peut également être intéressant de partager votre expérience concernant la gestion de vos propres erreurs par le passé. Cela vous permettra d’instaurer un climat de confiance et de démontrer qu’elles nous permettent avant tout d’évoluer.

  • Si l’histoire se répète, réfléchissez à des solutions : lorsque les mêmes erreurs se reproduisent, il est fort probable qu’un problème ou qu’un comportement sous-jacent en soit à l’origine et empêche votre employé de donner le meilleur de lui-même. Réfléchissez à des habitudes à prendre ou à des changements à effectuer pour éviter de vous retrouver dans ce type de situation. Vous pourriez par exemple aider un collègue systématiquement en retard aux réunions d’équipe à configurer des alertes pour ne plus jamais manquer un événement planifié sur son calendrier.

N’essayez pas d’être parfait, mais plutôt de créer d’excellents processus

Espérer réaliser un parcours sans faute est utopique. Les erreurs font partie de la vie. Pour vous y préparer au mieux, concentrez-vous sur la création de processus d’équipe solides qui laisseront une petite place aux erreurs et aux mauvais choix. Par exemple, au lieu d’essayer de créer un produit parfait du premier coup, mettez en œuvre un processus qui vous permettra de le reproduire et de l’améliorer au fil du temps. Votre équipe pourra ainsi progresser plus rapidement, prendre des risques et s’adapter plus facilement aux éventuels changements.

Le générateur de processus d’Asana vous aide à planifier, visualiser et rationaliser vos processus d’équipe. Créez ainsi des processus qui intègrent la transmission de feedback à plusieurs niveaux et qui permettent à vos parties prenantes de s’impliquer. Laissez ainsi place à l’erreur et à l’itération, au lieu d’essayer à tout prix de parvenir à un résultat parfait dès le premier coup.

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