Méthode du chemin critique (CPM) en gestion de projet : votre guide pas à pas

Image du contributeur – Équipe AsanaTeam Asana5 juillet 20219 min de lecture
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Résumé

La méthode du chemin critique (en anglais, Critical Path Method ou CPM) est une technique qui vous permet d’identifier les tâches nécessaires à l’achèvement d’un projet. En gestion de projet, le chemin critique représente la plus longue séquence d’activités à réaliser dans les temps afin de boucler la totalité du projet. Vous trouverez ci-dessous les différentes étapes qui vous permettront de trouver le chemin critique pour votre prochain projet.

Pour mieux visualiser les tâches nécessaires à l’atteinte de votre objectif final, nous vous conseillons d’élaborer une feuille de route de projet. Cette technique de gestion de projet consiste à répertorier les tâches clés ou critiques indispensables à la réalisation d’un projet.

Grâce à cette technique, vous pourrez gérer les dépendances de tâches et fixer des délais réalistes. Lisez la suite pour découvrir le fonctionnement de la méthode du chemin critique et comment bien l’utiliser avec votre équipe pour optimiser vos chronologies de projet.

En quoi consiste la méthode du chemin critique ?

La méthode du chemin critique (en anglais, Critical Path Method ou CPM) est une technique qui vous permet d’identifier les tâches nécessaires à l’achèvement d’un projet et de prévoir une certaine marge de manœuvre en matière de planning. En gestion de projet, le chemin critique représente la plus longue séquence d’activités à réaliser dans les temps afin que la totalité du projet arrive à son terme. Tout retard dans les tâches critiques aura des conséquences sur le reste du projet, qui sera lui aussi retardé.

Grâce à cette méthode, vous pourrez identifier les tâches les plus importantes et leurs dépendances sur votre chronologie de projet, mais aussi calculer leur durée.

La méthode du chemin critique a vu le jour à la fin des années 1950 et se présentait comme une solution à l’inflation des coûts liés à une planification inefficace. On l’emploie désormais fréquemment pour planifier les projets et hiérarchiser les tâches. Elle est très utile pour diviser un projet complexe en tâches distinctes et pour se faire une idée du degré de flexibilité du projet concerné.

Pourquoi employer cette méthode ?

Le calcul du chemin critique peut grandement vous aider à planifier vos projets, allouer vos ressources et programmer les tâches.

Voici quelques arguments qui pourraient vous convaincre de l’adopter :

  • Une meilleure planification future : vous pouvez faire appel à cette méthode pour comparer vos attentes à votre progression réelle. Les données utilisées pour les projets en cours peuvent servir à planifier vos futurs projets.

  • Une gestion des ressources simplifiée : les chefs de projet peuvent mieux hiérarchiser les tâches, ce qui les aide à déterminer où et comment déployer les différentes ressources.

  • Moins d’obstacles à franchir : lorsqu’un projet fait face à certains obstacles, vous perdez un temps précieux. Indiquez les dépendances de projet sur un diagramme de réseau pour vous faire une meilleure idée des activités réalisables en parallèle ou non et planifier en conséquence.

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À la recherche du chemin critique

Pour trouver le chemin critique, vous devez examiner non seulement la durée des tâches critiques, mais aussi celle des autres. En voici les étapes, avec quelques exemples.

1. Répertoriez vos activités

Aidez-vous d’un organigramme des tâches pour répertorier toutes les activités ou tâches du projet nécessaires à la production des livrables. Les activités listées dans l’organigramme poseront les bases de votre recherche du chemin critique.

Répertoriez vos activités

Imaginons par exemple que l’équipe marketing souhaite publier un nouvel article de blog interactif. Dans cette situation, voici à quoi pourraient ressembler certaines des tâches de l’organigramme :

Organigramme des tâches

Une fois que vous avez une idée générale de toutes les tâches à réaliser, vous pouvez commencer à établir leurs dépendances.

2. Identifiez les dépendances

En vous appuyant sur votre organigramme, repérez les tâches qui dépendent les unes des autres. En outre, vous pouvez identifier lesquelles peuvent être réalisées en parallèle.

Voici les dépendances de l’exemple ci-dessus :

  • La tâche B dépend de la tâche A

  • La tâche C dépend de la tâche B

  • Les tâches C et D peuvent être réalisées en parallèle

  • La tâche E dépend de la tâche D

  • La tâche F dépend des tâches C, D et E

On appelle cette liste de tâches dépendantes une séquence d’activités. C’est grâce à elle que nous pourrons calculer le chemin critique.

3. Créez un diagramme du réseau des tâches

L’étape suivante consiste à transformer l’organigramme des tâches en un organigramme affichant la chronologie des activités : le diagramme de réseau. Prévoyez une case pour chaque tâche et indiquez les dépendances à l’aide de flèches.

Vous n’aurez alors plus qu’à ajouter d’autres éléments à réaliser en temps limité au diagramme de réseau jusqu’à avoir établi le calendrier de projet dans ses grandes lignes.

4. Estimez la durée des tâches

Pour calculer le chemin critique, qui correspond à la plus longue séquence de tâches critiques, vous devez commencer par estimer la durée de chaque activité.

Pour ce faire, vous pouvez :

  • Réaliser des estimations fiables en vous basant sur votre expérience et vos connaissances

  • Proposer des estimations reposant sur les données de projets précédents

  • Baser vos estimations sur les normes du secteur

Sinon, vous pouvez essayer de faire appel à la technique de la passe avant/arrière (calcul progressif/rétrograde) :

  • Passe avant ou calcul progressif : on l’utilise pour calculer les dates de début et de fin au plus tôt à partir d’une date de début définie au préalable. La date de début au plus tôt correspond à la dernière date de fin au plus tôt des activités qui la précèdent immédiatement ; la date de fin au plus tôt correspond quant à elle à la date de début au plus tôt, à laquelle on ajoute la durée de l’activité. On attribue une valeur de 0 à la date de début au plus tôt de la première activité, qui marque le point de départ du calcul pour établir tout le calendrier. Déterminez les dates de début et de fin au plus tôt de façon à allouer les ressources nécessaires au projet dès que possible.

  • Passe arrière ou calcul rétrograde : on l’utilise pour calculer les dates de début et de fin au plus tard. La date de début au plus tard correspond à la date de fin au plus tard, à laquelle on retranche la durée de l’activité ; quant à la date de fin au plus tard, elle correspond à la première date de début au plus tard des activités qui la suivent immédiatement. Le calcul débute par la dernière activité prévue avant de remonter la totalité du calendrier.

Vous pouvez utiliser les dates de début et de fin au plus tôt et au plus tard pour calculer votre marge pour chaque tâche planifiée, qui représente le degré de flexibilité dont vous bénéficiez.

5. Calculez le chemin critique

Ce calcul peut se faire à la main, mais si vous voulez gagner du temps, vous pouvez faire appel à un algorithme de chemin critique.

Voici les étapes à suivre pour calculer le chemin critique à la main :

Étape 1 : indiquez les dates de début et de fin à côté de chaque activité.

  • Le début de la première activité correspond à 0, et sa fin à la durée de l’activité.

  • La prochaine activité commence à la fin de l’activité précédente, calculée en ajoutant sa durée.

  • Faites la même chose pour toutes les activités.

Étape 2 : pour déterminer la durée de toute la séquence, référez-vous à la date de fin de la dernière activité de cette séquence.

Étape 3 : la séquence d’activités qui dure le plus longtemps correspond au chemin critique.

À partir de l’exemple ci-dessus, voici à quoi pourrait ressembler le diagramme du chemin critique :

Étapes de calcul du chemin critique à la main

Une fois que vous aurez trouvé le chemin critique, vous n’aurez plus qu’à établir votre calendrier de projet en conséquence.

6. Calculez la marge

La marge fait référence à la flexibilité d’une tâche donnée. Elle indique à quel point cette tâche peut être retardée sans que cela nuise aux tâches suivantes ou retarde la date de fin de projet.

En bref, elle vous permet d’évaluer le degré de flexibilité du projet, ce qui vous aidera à vous prémunir des différents risques ou problèmes inattendus qui pourraient toucher celui-ci.

À noter que vous n’aurez aucune marge sur les tâches critiques, dont la date est donc fixe. Les tâches extensibles (à marge positive) ne font pas partie du chemin critique, puisqu’elles peuvent être reportées sans que cela n’affecte la date d’achèvement du projet. Si vous manquez de temps ou de ressources, vous pouvez vous en passer.

Vous avez le choix de calculer la marge grâce à un algorithme ou à la main. Appuyez-vous sur les calculs de la section ci-dessous pour déterminer la marge totale et la marge libre.

Marge totale et marge libre

Voici comment sont définies les deux types de marges :

  • Marge totale : elle représente la durée de retard envisageable pour une activité par rapport à sa date de début au plus tôt sans pour autant retarder la date de fin du projet ni enfreindre les contraintes de calendrier. Marge totale = (date de début au plus tard) - (date de début au plus tôt) OU (date de fin au plus tard) - (date de fin au plus tôt)

  • Marge libre : elle représente la durée de retard envisageable pour une activité sans que l’activité suivante en soit affectée. La marge libre ne peut être calculée que dans le cas où au moins deux activités partagent une activité suivante commune, qui correspond au point de convergence des activités sur le diagramme de réseau. Marge libre = (date de début au plus tôt de la prochaine tâche) - (date de fin au plus tôt de la tâche actuelle)

Mais en quoi le calcul de ces marges est-il utile au chef de projet ? Il y a plusieurs bonnes raisons à cela :

  • Réalisez vos projets dans les temps : connaître la marge totale d’un projet vous permet de savoir s’il est sur la bonne voie ou non. Plus la marge est large, plus vous aurez de chances de terminer le projet à temps, voire en avance.

  • Bénéficiez d’une aide pour hiérarchiser vos activités : une fois que vous aurez identifié les activités à marge libre, vous pourrez différencier plus facilement les tâches à réaliser en priorité des tâches plus flexibles et donc faciles à reporter.

  • Tirez parti d’une ressource utile : cette marge vous donne du temps en plus pour gérer tous les risques de projet et autres problèmes inattendus qui pourraient se dresser en travers de votre route. Vous pourrez ainsi choisir les solutions les plus efficaces en toute connaissance de cause.

Recherche du chemin critique

Bien utiliser la méthode du chemin critique

Cette méthode vous offre davantage de visibilité sur l’avancement de votre projet, et vous aide à assurer le suivi des tâches et leur délai d’exécution. Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de mise en pratique.

Compression des calendriers

Si ce n’est pas l’idéal, il est parfois nécessaire de repousser certaines échéances de projet. Dans de telles situations, vous pouvez faire appel à deux techniques de compression de calendrier : le « fast tracking » et le « crashing ».

  1. Le Fast Tracking : analysez le chemin critique à la recherche d’activités réalisables en parallèle, ce qui devrait vous aider à réduire la durée globale.

  2. Le Crashing : ce processus consiste à allouer davantage de ressources aux activités pour accélérer leur exécution. Cependant, avant d’obtenir davantage de ressources, prenez garde à ne pas dépasser la portée du projet et informez bien les personnes concernées par ces changements.

Une fois le chemin critique défini, vous serez mieux en mesure de déterminer la stratégie adaptée pour respecter ces nouveaux délais.

[À lire] Créer des plannings de projet pour se faciliter le travail

Résolution des pénuries de ressources

Autre point à retenir : gardez bien à l’esprit que la méthode du chemin critique ne prend pas en compte les ressources disponibles. En cas de pénurie de ressources, par exemple si l’un des membres de l’équipe est surchargé de travail ou s’il vous manque l’équipement nécessaire, vous pouvez faire appel à différentes techniques de rééquilibrage des ressources.

Ces techniques visent à résoudre les problèmes de sur-allocation des ressources et à s’assurer que le projet pourra bien être réalisé avec les ressources actuellement disponibles.

Le rééquilibrage des ressources passe par un ajustement des dates de début et de fin du projet. Vous devrez donc revoir votre chemin critique ou n’appliquer cette technique que pour les activités flexibles (avec marge).

[À lire] L’allocation des ressources : un concept clé pour optimiser l’efficacité d’équipe

Recueil de données pour une utilisation ultérieure

Dans la mesure où votre estimation de la durée des activités reste approximative, le calendrier créé à partir du chemin critique sera susceptible d’évoluer. Il pourra d’ailleurs être intéressant de comparer le chemin critique initial au chemin critique actualisé au fil du projet.

Ces données pourront vous servir de référence lors de vos prochains projets et vous permettront d’estimer plus précisément la durée des tâches à venir.

Méthode du chemin critique ou PERT ?

La méthode du chemin critique et la méthode PERT (Program Evaluation Review Technique) ont toutes deux vu le jour dans les années 1950. On utilise la méthode PERT pour estimer l’incertitude entourant les activités de projet en calculant une moyenne pondérée des estimations optimistes et pessimistes, évaluant ainsi la durée nécessaire à leur réalisation.

La méthode PERT se base sur trois estimations pour déterminer la fourchette de durée d’une activité :

  1. L’estimation probable (Most Likely ou M)

  2. L’estimation optimiste (O)

  3. L’estimation pessimiste (P)

Formule de calcul PERT : temps estimé = (O + 4M + P) / 6

La différence majeure entre la méthode PERT et le chemin critique réside dans le degré de certitude quant à la durée des activités. Là où PERT permet d’estimer la durée nécessaire à l’achèvement des activités, le chemin critique est pour sa part employé une fois cette durée déjà estimée.

Faisons un bref comparatif de ces deux techniques :

  • PERT sert à gérer les activités de projet incertaines, tandis que le chemin critique porte sur les activités prévisibles.

  • PERT vise à respecter ou à réduire la durée du projet, là où le chemin critique tente de trouver le meilleur équilibre entre coûts et temps passé.

  • PERT se base sur un modèle probabiliste, contre un modèle déterministe pour le chemin critique.

  • PERT réalise trois estimations pour chaque activité, là où le chemin critique n’en propose qu’une seule.

Ces différences mises à part, les deux méthodes analysent les éléments suivants :

  • La liste des tâches nécessaires

  • La durée estimée pour chaque tâche

  • Les dépendances de tâches

À noter également que vous pouvez combiner les deux méthodes pour davantage d’efficacité. Vous pouvez utiliser la méthode PERT pour estimer la durée des tâches de façon plus réaliste avant de calculer le chemin critique et les marges.

Méthode du chemin critique ou diagramme de Gantt ?

Les diagrammes de Gantt sont des diagrammes à barres horizontales cartographiant les activités de projet, que vous pouvez suivre sur une chronologie. Le chemin critique et le diagramme de Gantt indiquent tous deux les dépendances entre les tâches.

Penchons-nous sur certaines différences de ces deux outils :

Le chemin critique

  • Indique les chemins critique et non critique, tout en permettant de calculer la durée du projet

  • Prend la forme d’un diagramme de réseau constitué de cases reliées les unes aux autres

  • Ne précise pas les ressources nécessaires

  • Situe les activités sur un diagramme de réseau sans donner d’échelle de temps

Le diagramme de Gantt

  • Permet de visualiser l’avancement des activités du projet

  • Prend la forme d’un diagramme à barres horizontales

  • Précise les ressources nécessaires à chaque activité

  • Situe les activités sur une échelle de temps

Pour que votre projet se déroule comme prévu à coup sûr, vous pouvez associer les diagrammes de Gantt à la méthode du chemin critique pour assurer le suivi des chemins critiques au fil de l’eau.

Un chemin critique pour une meilleure gestion de projet

La méthode du chemin critique est un véritable atout en gestion de projet, en particulier lorsqu’il s’agit de planifier les tâches et gérer les ressources. Aidez-vous des bons outils de planification de projet pour créer des calendriers et suivre vos projets en toute simplicité. Et pour travailler encore plus efficacement, suivez nos 12 astuces pour gagner en productivité dès aujourd’hui.

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