Méthode de la chaîne critique (CCPM) en gestion de projet : les essentiels

Portrait du contributeur – Sarah LaoyanSarah Laoyan26 janvier 20226 min de lecture
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Résumé

La méthode de la chaîne critique ou CCPM (pour « Critical Chain Project Management ») est une méthodologie de gestion de projet qui vise à exercer un contrôle sur les ressources essentielles et à donner la priorité aux dépendances au sein d’un projet. Découvrez comment l’utiliser pour aider votre entreprise à gérer ses ressources et à mener ses projets à terme aussi efficacement que possible.

Vous rappelez-vous dans votre enfance ces instants de jeu avec des blocs de construction ? Vous pouviez construire tout ce que vous vouliez, mais avec un nombre de blocs limité. Au fil du jeu, vous deviez récupérer des ressources dans la pile de blocs disponible. Mais que se passe-t-il une fois toutes vos ressources épuisées ? Et comment optimiser l’utilisation des blocs pour construire le maximum avec les ressources accessibles ?

La gestion de projet par la chaîne critique cherche justement à élucider ces questions.

Définition de la méthode de la chaîne critique (CCPM)

En tant que méthodologie de gestion de projet, la gestion de projet par la chaîne critique ou CCPM vous aide à gérer les ressources essentielles et à travailler en priorité sur les dépendances d’un projet pour le mettre en œuvre aussi efficacement que possible. Votre équipe souhaite garder un œil sur l’usage qu’elle fait de ses ressources ? Optez pour la méthode de la chaîne critique ! Cette stratégie devrait vous permettre d’en assurer le suivi.

Les origines de la méthode de la chaîne critique

Le concept de CCPM est apparu en 1997, dans un ouvrage rédigé par le Dr Eliyahu M. Goldratt. Cette méthode est intimement liée à une autre théorie développée par le Dr Goldratt : la théorie des contraintes. Cette dernière doit permettre d’identifier les goulots d’étranglement et les limitations qui entravent la réalisation d’un projet. Dans l’idée, chaque projet s’accompagne d’une contrainte majeure, qui risquera de faire dérailler la totalité du projet en brisant le maillon le plus faible de la chaîne.

[À lire] Théorie des contraintes : le guide du débutant

Méthode de la chaîne critique ou du chemin critique ?

Bien que similaires, ces deux formes de gestion de projet diffèrent sur un point clé. La méthode du chemin critique se focalise exclusivement sur la chaîne des tâches simultanées nécessaires pour accomplir un projet. D’autres tâches devront certainement être réalisées, mais le chemin critique met en évidence les tâches absolument indispensables à l’achèvement du projet. Cette forme de gestion de projet peut donc aider les équipes à déterminer le processus optimal pour concevoir un calendrier de projet pertinent. Toutes les tâches exclues du chemin critique sont jugées comme étant moins prioritaires. On évalue la santé du projet en contrôlant si les tâches critiques sont terminées (ou non) dans le temps imparti.

Quant à la méthode de la chaîne critique, si elle s’intéresse elle aussi aux dépendances de tâches, elle n’en oublie pas pour autant les ressources nécessaires à l’achèvement du projet. Les ressources sont soumises à des contraintes qui peuvent être affectées par une multitude d’inconnues ou d’aléas. C’est la raison pour laquelle la méthode de la chaîne critique intègre des ressources tampons (des ressources supplémentaires qui servent à parer à toute éventualité) dans le calendrier de projet. Contrairement à la méthode du chemin critique, qui se focalise essentiellement sur la date d’achèvement des tâches, cette méthode évalue la réussite d’un projet en fonction de la vitesse à laquelle ces ressources tampons sont épuisées. Votre équipe n’a fait appel à aucune des ressources tampons allouées ? Dans ce cas, c’est parfait, votre projet avance bien !

[À lire] Méthode du chemin critique (CPM) en gestion de projet : votre guide pas à pas

Les éléments d’une chaîne critique

Une chaîne critique se divise en trois grandes parties : le chemin critique, la chaîne de remplissage (« feeding chain ») et les ressources tampons (« resource buffers »).

Le chemin critique

Le chemin critique correspond à la plus longue séquence de tâches dépendantes nécessaires à l’achèvement d’un projet. En d’autres termes, ce sont toutes les tâches indispensables à la réussite d’un projet, indiquées dans l’ordre dans lequel elles doivent être traitées. La méthode de la chaîne critique prend en compte l’existence de trois niveaux de dépendances. Le chemin critique est constitué des dépendances principales (les tâches essentielles au projet), tandis que les tâches qui n’en font pas partie prennent un autre chemin : celui de la « feeding chain » ou chaîne de remplissage.

La chaîne de remplissage (« feeding chain »)

La chaîne de remplissage, ou « feeding chain » en anglais, est une chaîne secondaire formée de tâches dépendantes qui doivent se dérouler en parallèle du chemin critique. La suite d’événements qui compose la chaîne de remplissage n’affectant qu’une seule tâche du chemin critique, chaque chaîne de ce type finit par converger vers le chemin critique. La chaîne de remplissage doit donc être traitée en même temps que le chemin critique pour éviter tout délai dans ce dernier.

Étudions le chemin critique et la chaîne de remplissage en pratique. Imaginons que vous prévoyiez d’organiser une fête entre collègues. Dans ce cas, voici à quoi pourrait ressembler votre chemin critique :

  • Choisir le thème

  • Envoyer les invitations à la fête

  • Trouver le local

  • Organiser l’événement

Ces tâches forment certes les étapes du chemin critique, mais certaines tâches de la chaîne de remplissage doivent être réalisées en parallèle du chemin critique. Par exemple, pour envoyer les invitations à la fête, l’équipe doit déjà dresser la liste des personnes à inviter. Et avant que l’événement ne prenne place, elle doit acheter des décorations en tenant compte du thème et tout préparer en amont. C’est la raison pour laquelle tous ces exemples de tâches appartiennent à une chaîne de remplissage.

Les ressources tampons (« resource buffers »)

Les ressources tampons, ou « resource buffers » en anglais, sont ajoutées à la chaîne critique par mesure de protection, afin de s’assurer que le projet se déroule sans heurt. Un peu comme les barrières d’un circuit de karting, elles sont là pour assurer un maximum de sécurité et éviter toute sortie de route en cas de dérapage sur un projet.

Dans le cadre de la gestion de projet par chaîne critique, on emploie généralement trois types d’éléments tampons :

  • Les délais de projet tampons (« project buffers ») : le temps en plus prévu entre la tâche finale et la date de clôture du projet. L’ajout d’un délai supplémentaire avant cette dernière échéance laisse aux membres de l’équipe la possibilité de boucler d’éventuelles tâches encore en suspens faute d’avoir pu être terminées plus tôt.

  • Les délais tampons ou « feeding buffers » : le temps en plus prévu entre la chaîne de remplissage (également connue sous le nom de chaîne non critique) et la chaîne critique. L’ajout d’un délai tampon au calendrier permet d’éviter qu’un retard dans la chaîne de remplissage n’affecte la chaîne critique.

  • Les ressources tampons ou « resource buffers » : les ressources concrètes mises de côté dans l’éventualité où la chaîne critique nécessiterait davantage de ressources que prévu (membres d’équipe en réserve, équipement supplémentaire, aide extérieure, etc.).

Le processus de la chaîne critique en pratique et en 4 étapes

Vous cherchez à mettre en place un processus de gestion de projet par la chaîne critique et vous ne savez pas par où commencer ? Suivez déjà ce mini-guide en quatre étapes.

1. Commencez par identifier le chemin critique

Le succès de la méthode de la chaîne critique dépend largement du chemin critique, sur lequel repose l’intégralité du projet. Toute la planification s’organisant autour du chemin critique, vous devez absolument prévoir chaque tâche qui la compose.

2. Déterminez le montant exact des ressources essentielles à votre projet

En l’occurrence, ces ressources peuvent aussi bien faire référence aux produits et outils qu’utilise votre équipe pour obtenir le résultat final qu’au temps de travail nécessaire à ses membres ou aux employés à mobiliser pour terminer une tâche.

Si possible, réaliser une estimation des ressources à prévoir pour mener à bien ce projet : combien de personnes vous seront-elles nécessaires pour accomplir une tâche précise de la chaîne critique ? Combien de temps cette tâche devrait-elle leur prendre environ ? Procédez ainsi pour chacune des tâches identifiées dans la chaîne critique. D’après vos calculs, vos ressources seront-elles suffisantes pour boucler le projet ?

Lorsqu’une ressource est soumise à une contrainte dont vous avez connaissance, par exemple un collègue ayant prévu de prendre des vacances, vous pouvez trouver des parades. C’est justement l’une des grandes forces de la méthode de la chaîne critique : vous planifiez la majeure partie du projet avant d’en donner le top départ.

[À lire] Votre guide pour bien appréhender la gestion des ressources

3. Ajoutez vos éléments tampons

Une fois identifiées les ressources nécessaires au bon déroulement du chemin critique et des chaînes de remplissage, il devient bien plus facile de repérer où placer des éléments tampons et de déterminer combien de temps ou de ressources y allouer. Vous pourrez calculer le montant à prévoir pour les éléments tampons en fonction des exigences identifiées à la création du chemin critique. Une bonne gestion des éléments tampons par le chef de projet permet d’assurer la disponibilité des ressources dans le temps et ainsi d’éviter tout blocage.

4. Maintenez une concentration optimale au sein de l’équipe

Attention au travail multitâche ! Cette approche est votre pire ennemie. Lorsque vos collègues passent leur temps à papillonner d’un projet ou d’une tâche à l’autre, ils ont tendance à perdre leur concentration et à s’éparpiller, ce qui peut nuire à la qualité et à la rapidité de leur travail.

Si vous voulez que les membres de votre équipe puissent respecter le calendrier du projet, vous devez veiller à ne pas attribuer trop de tâches différentes à une seule et même personne. En se focalisant sur une tâche ou un projet précis, vos collègues auront davantage tendance à rester concentrés. En outre, limiter le nombre de projets sur lequel ils travaillent en parallèle leur évitera des changements d’environnement trop fréquents, qui peuvent être source de stress et même mener au burnout.

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