Marketplace interne des talents : connecter compétences et opportunités internes
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En bref

Une marketplace interne des talents (ou internal talent marketplace, ITM) met en correspondance, en continu, les compétences et aspirations des collaborateurs avec les opportunités internes — mobilité, missions temporaires, mentorat, formation. Ce guide détaille sa définition, sa différence avec la mobilité interne classique et le recrutement externe, ses bénéfices chiffrés, les étapes de mise en place, les outils du marché (SIRH, talent marketplace RH, plateforme de gestion du travail) et les risques de gouvernance à anticiper, notamment RGPD.

Plus de la moitié des actifs partis chercher un poste ailleurs n'avaient pas consulté au préalable les opportunités internes de leur propre entreprise, selon une enquête CNBC (2022), alors même que les compétences et les postes disponibles existaient souvent déjà, simplement invisibles les uns pour les autres. La marketplace interne des talents répond directement à ce problème de capital humain sous-exploité : une plateforme qui connecte en continu compétences, aspirations et opportunités internes.

Ce guide définit précisément le concept, le distingue de la mobilité interne classique et du recrutement externe, détaille ses bénéfices chiffrés et ses cinq piliers opérationnels, une méthode de mise en place en 5 étapes, un panorama des outils disponibles (SIRH, éditeurs spécialisés, plateforme de gestion du travail) et les risques de gouvernance — RGPD en tête — à anticiper avant de se lancer.

 

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Asana donne une vue en temps réel de la charge et des compétences mobilisées dans vos projets — la donnée qui manque le plus souvent aux décisions de mobilité interne.

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Qu'est-ce qu'une marketplace interne des talents ?

Marketplace interne des talents (définition) : plateforme de gestion des talents qui met en correspondance, en temps réel et via des algorithmes de matching, les compétences et aspirations des collaborateurs avec les opportunités disponibles au sein de l'entreprise — postes ouverts, missions temporaires, projets transverses, mentorat ou formations.

Également désignée par son nom anglais internal talent marketplace (ITM) ou rattachée au champ plus large du talent management, elle rompt avec les systèmes RH classiques organisés autour des postes et des organigrammes pour adopter une logique skills-first : ce sont les compétences réelles, les soft skills et le potentiel d'évolution des collaborateurs qui pilotent les recommandations, plutôt que l'intitulé du poste occupé ou l'ancienneté.

L'intelligence artificielle joue un rôle central dans ce basculement : en croisant compétences déclarées, expériences passées et besoins métiers, elle révèle des compétences cachées et des appétences que les organigrammes classiques ne font jamais remonter.

Marketplace interne des talents vs mobilité interne classique et recrutement externe

La mobilité interne classique repose sur un processus ponctuel et souvent informel : un poste s'ouvre, il est publié, les candidatures sont examinées au cas par cas — généralement à l'initiative du collaborateur ou d'un manager qui pense spontanément à lui.

La marketplace interne des talents automatise et systématise cette mise en relation, y compris pour des opportunités qui ne font jamais l'objet d'une offre d'emploi classique.

Critère

Recrutement externe

Mobilité interne classique

Marketplace interne des talents

Source des candidats

Marché du travail externe

Réseau et initiative individuelle

Ensemble des collaborateurs, en continu

Détection des opportunités

Poste vacant publié

Poste vacant publié

Postes, missions, projets et mentorat, y compris non publiés

Logique

Correspondance au poste

Candidature spontanée

Matching skills-first par algorithme

Délai et coût

Long et coûteux (jusqu'à 20 % du salaire annuel selon Demos/LinkedIn)

Variable, dépend du réseau du collaborateur

Rapide, recommandations proactives

Visibilité sur les compétences cachées

Faible

Faible

Élevée, via cartographie continue des compétences

Les 5 piliers d'une marketplace interne des talents

Une marketplace interne des talents structure généralement son fonctionnement autour de cinq piliers complémentaires, au-delà du seul affichage de postes vacants.

  • Mobilité des talents. Des algorithmes analysent compétences, soft skills et appétences pour proposer des postes ou des missions en interne, y compris latérales — une logique de recrutement interne proactif plutôt que réactif.

  • Missions temporaires. Des projets courts permettent de tester une nouvelle fonction sans changer de poste, sur le modèle du marché interne des freelances : un collaborateur consacre une partie de son temps à un projet transverse, sans quitter son équipe d'origine.

  • Mentorat. Le matching croise également les profils pour des échanges ciblés entre collaborateurs expérimentés et talents en développement, au service de l'expérience collaborateur globale.

  • Plans de carrière. Des outils tracent des parcours de développement professionnel personnalisés, en identifiant les compétences et formations nécessaires pour atteindre un poste cible.

  • Expériences d'apprentissage. Des recommandations de formation, calibrées sur les écarts de compétences identifiés, alimentent des démarches d'upskilling (monter en compétence sur son métier actuel) et de reskilling (se reconvertir vers un nouveau métier).

À ne pas confondre

GPEC et GEPP ne désignent pas deux dispositifs différents, mais deux générations du même cadre légal français. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), issue de la loi de 2005, a été remplacée par la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) avec la loi Avenir professionnel de 2018 — un changement de nom qui traduit un glissement de logique : de la prévision des postes vers l'accompagnement des parcours individuels, au plus près de la philosophie d'une marketplace interne des talents.

Les bénéfices d'une marketplace interne des talents pour l'entreprise

Plusieurs études RH convergent sur l'ampleur du problème que ces plateformes cherchent à résoudre, et sur les bénéfices mesurés lorsqu'elles sont bien déployées.

Indicateur

Donnée

DRH préoccupés par la fuite des talents

82 % (étude LinkedIn, citée par Demos, 2024)

Hausse de la rétention liée à la mobilité interne

+33 % (étude Deloitte, citée par Demos)

Collaborateurs jugeant la mobilité interne cruciale pour leur carrière

76 % (étude Mercer, citée par Demos)

Surcoût d'un recrutement externe vs mobilité interne

Jusqu'à 20 % du salaire annuel du poste (Demos/LinkedIn)

Collaborateurs n'ayant pas consulté les postes internes avant de démissionner

Plus de la moitié (Pew Research)

Au-delà de ces chiffres, trois bénéfices structurent le retour sur investissement d'une marketplace interne des talents : une meilleure rétention des talents, un meilleur engagement des collaborateurs et une baisse du turnover sur les populations à risque de départ ; une allocation plus fine des compétences existantes, souvent sous-exploitées faute de visibilité — y compris les compétences cachées repérées via l'IA ; et une réduction du temps et du coût nécessaires pour pourvoir un poste ou une mission en interne, comparé à un recrutement externe.

Comment mettre en place une marketplace interne des talents en 5 étapes

La démarche commence par un état des lieux des compétences existantes, souvent via une cartographie déclarative complétée par les managers et alimentée par le SIRH — la qualité de cette donnée conditionne la pertinence de tous les matchings ultérieurs. Vient ensuite le choix d'une plateforme adaptée à la taille de l'entreprise et à son niveau de maturité en stratégic workforce planning (SWP), qu'il s'agisse d'un outil dédié pour les grands groupes ou d'une solution plus légère pour les structures intermédiaires.

La troisième étape consiste à recenser en continu les opportunités internes, au-delà des seuls postes vacants : missions, projets, mentorat, y compris via un vivier de freelances internes. La quatrième étape est la communication interne et l'accompagnement du changement culturel qu'implique le dispositif : les managers doivent accepter de partager leurs talents plutôt que de les retenir, un frein fréquemment observé dans les déploiements.

Enfin, un suivi régulier des indicateurs de mobilité permet d'ajuster la démarche — cette dernière étape gagne à s'appuyer sur une vue fiable de la charge et des compétences réellement mobilisées dans les projets en cours, plutôt que sur une déclaration figée dans le temps.

Quels outils pour une marketplace interne des talents ?

Trois familles d'outils interviennent, avec des rôles distincts et complémentaires. Le SIRH (système d'information RH) reste la source de vérité administrative — contrats, rémunération, organigramme — et alimente en données de base les moteurs de matching. Les éditeurs spécialisés en talent marketplace RH (Workday, Neobrain, Fortify, 365Talents) apportent l'intelligence artificielle de matching à proprement parler : ontologie de compétences, recommandations personnalisées, tableaux de bord de mobilité.

La troisième famille, souvent absente des comparatifs purement RH, est l'outil de gestion du travail : c'est lui qui détient la donnée d'exécution — qui travaille sur quoi, avec quelle charge réelle, sur quels projets — nécessaire pour que les recommandations de la marketplace reflètent une disponibilité réelle plutôt que théorique. Sans cette interopérabilité entre SIRH, plateforme de matching et outil de gestion de projet, une marketplace interne des talents recommande des mobilités sur la base de compétences déclarées, sans visibilité sur la charge réelle du collaborateur au moment du matching.

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Comment Morningstar objective ses décisions de charge et de mobilité avec Asana

Avant Asana, les équipes de Morningstar — groupe financier mondial de plus de 11 000 collaborateurs dans 29 pays — ne disposaient d'aucun moyen fiable de hiérarchiser le travail : elles acceptaient toutes les demandes, au risque d'un engagement systématiquement supérieur à leur capacité réelle et d'une allocation des ressources décidée à l'instinct plutôt que sur la donnée.

Avec Asana, les portefeuilles donnent désormais aux dirigeants une vue d'ensemble de tous les projets en cours, de leur statut et des ressources mobilisées — la même donnée de charge et de compétences en temps réel qui, croisée à un outil de talent marketplace, rend une recommandation de mobilité crédible plutôt que théorique.

« Avant de migrer nos projets sur Asana, nous nous engagions constamment au-delà de nos capacités. Aujourd'hui, nous disposons de plus d'informations et de données. Nous savons ce que nous pouvons et ne pouvons pas entreprendre, et nous pouvons avoir les bonnes discussions sur la priorisation et la façon dont les projets s'alignent sur notre plan stratégique », résume Sam Castano, responsable mondial de l'expérience des collaborateurs en informatique chez Morningstar. Katie Dowling, responsable mondiale de la livraison et des opérations technologiques, ajoute : « Une stratégie n'existe que si l'on décide aussi de ce qu'on ne veut pas entreprendre. Maintenant, nous avons un processus qui nous permet de refuser des projets. Les données montrent pourquoi nous refusons et mettent en évidence ce qui constitue ou non une priorité. »

Consulter l’étude de cas

Risques et gouvernance : RGPD, biais algorithmiques et talent hoarding

Une marketplace interne des talents traite des données RH sensibles — compétences, aspirations, résultats d'évaluation — dont la collecte et le traitement doivent respecter strictement le RGPD : base légale du traitement, durée de conservation définie, droit d'accès et de rectification pour chaque collaborateur, et information claire sur l'usage fait de ces données par les algorithmes de matching.

Le recours à l'intelligence artificielle pour établir des correspondances expose aussi à un risque de biais algorithmiques : un modèle entraîné sur des mobilités passées peut reproduire les mêmes angles morts (populations sous-représentées dans certaines filières, par exemple) plutôt que les corriger. Une gouvernance claire — traçabilité des recommandations, possibilité de recours humain, audits réguliers de l'équité des suggestions — reste indispensable.

Le principal frein reste toutefois humain plutôt que technique : le talent hoarding, cette tendance de certains managers à retenir leurs meilleurs collaborateurs par crainte de perdre leurs compétences, prive l'entreprise des synergies que la marketplace cherche justement à révéler. Accompagner ce changement culturel — en valorisant les managers qui libèrent des talents pour des missions transverses plutôt que ceux qui les retiennent — conditionne autant le succès du dispositif que la qualité de l'algorithme de matching.

FAQ - Plateforme de mobilité interne

 

Marketplace interne des talents : par où commencer pour objectiver vos décisions de mobilité ?

Avant d'investir dans une plateforme de talent marketplace, assurez-vous de disposer d'une donnée fiable sur qui travaille sur quoi, avec quelles compétences et quelle charge réelle. C'est cette visibilité opérationnelle — souvent portée par l'outil de gestion de projet de l'entreprise plutôt que par le seul SIRH — qui rend les recommandations de mobilité pertinentes plutôt que théoriques.

Commencez par fiabiliser cette donnée d'exécution, cadrez la gouvernance RGPD et les biais potentiels dès la conception, et accompagnez le changement culturel côté managers avant d'élargir le périmètre de votre démarche de marketplace interne des talents.

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